La Politique nationale des zones humides : Un instrument de gouvernance et de planification

Le Burkina Faso s’est doté en 2013 d’une Politique Nationale sur les Zones Humides (PNZH) assortie d’un Plan d’Action national pour la gestion durable des Zones Humides (PAZH) dans le but de faire face aux fortes pressions sur les zones humides imputables à l’action anthropique et aux changements climatiques.

Higa lac 8

Le lac Higa au Nord du Burkina Faso

 

Le Burkina Faso a ratifié la Convention de Ramsar sur les zones humides le 27 Octobre 1990 et inscrit à ce jour 19 sites sur la liste de Ramsar. Malgré sa situation de pays sahélien, il regorge de nombreuses zones humides naturelles (fleuve, rivière, lac, mare) et artificielles (retenue d’eau de barrage, périmètre irrigué, etc.).

Les zones humides au Burkina Faso sont parmi les écosystèmes les plus riches et les plus productifs. Leur rôle essentiel est celui de réserve active dans le cycle hydrologique et de réservoir de biodiversité de par les milliers d’espèces animales et végétales qu’elles abritent. Bien gérées, les zones humides contribuent à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique et jouent également un rôle vital dans l’activité économique. Elles fournissent dans ce cadre un éventail de biens et services aux communautés locales. A titre d’exemple, la valeur économique totale annuelle minimale de la vallée du Sourou (site Ramsar N° 1885) était estimée en 2009 à 10 milliards.

La vision de la Politique Nationale sur les Zones Humides (PNZH) est la suivante : « A l’horizon 2025, les écosystèmes des zones humides et leurs périphéries sont des espaces conservés, viables et durablement gérés afin de fournir des biens et services nécessaires à la lutte contre la pauvreté aux niveaux local et national, et de contribuer à la conservation de la diversité biologique mondiale. »

 

Vallée du Sourou

 

La vallée du Sourou est l'un des nombreux sites Ramsar du Burkina Faso

 

Objectifs et axes d’action

L’objectif global de la PNZH est d’assurer une gestion durable des zones humides afin de renforcer leur contribution à la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté, en prenant en compte le contexte des changements climatiques et de la décentralisation.
De façon spécifique elle vise à :
• Améliorer le potentiel des zones humides de manière durable ;
• Valoriser les zones humides dans la dynamique d’une plus grande contribution à la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté.
Elle sera mise en œuvre à travers 3 programmes prioritaires, à savoir :
• Programme 1 : Amélioration de la durabilité des zones humides ;
• Programme 2 : Renforcement des capacités des acteurs pour une gestion durable des zones humides ;
• Programme 3 : Renforcement de la sécurité alimentaire à travers la valorisation des ressources des zones humides.

Planification et Mécanisme de mise en œuvre
La mise en œuvre de la Politique nationale implique la participation de tous les acteurs que sont l’Etat, les Collectivités territoriales, les populations locales, le secteur privé et les Partenaires au développement et nécessite un mécanisme de coordination et des moyens conséquents.
Elle se fera à travers :
• Des plans d’Action triennaux qui définissent les actions prioritaires en matière de gestion durable des zones humides et servent de cadre de référence pour la planification au niveau de tous les acteurs.
• Les plans locaux de développement, les programmes et plans d’actions des ministères et institutions qui doivent être conformes aux actions prioritaires définies par le Plan d’Action national pour la gestion durable des Zones Humides (PAZH).
• Des concertations annuelles pour la mise en place des programmes annuels de mise en œuvre du PAZH, l’examen de l’état d’avancement de sa mise en œuvre globale et la formulation de recommandations.

Le Plan d’Action national pour la gestion durable des zones humides comprend 24 activités et 50 sous-activités. Il sera révisé tous les trois ans. Il est perçu comme le cadre d’opérationnalisation de la PNZH.
De façon indicative, le montant global prévisionnel du 1er Plan d’Action triennal est de 31 225 000 000 F CFA. Ce montant est réparti comme suit :
• Etat et démembrements (35%) : 10 928 750 000 F CFA.
• Partenaires Techniques et Financiers (64%) : 19 984 000 000 F CFA.
• Autres sources (Privé, OSC, Populations (1%) : 312 250 000 F CFA.
Selon le Point Focal Ramsar, les zones humides, notamment celles inscrites sur la liste de Ramsar, participent à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD) en ces points 2, 3, 6, 12, 13 et 15.