SSG Oursi : Des réseaux sociaux qui changent la vie

Un an après son ouverture aux réseaux sociaux suite à l’assistance de BirdLife Afrique de l’Ouest, le Groupe de Soutien au Site de la mare d’Oursi profite grandement de leurs nombreux bienfaits.

 

SSG Oursi Projet RICOH

 

Oursi est une commune rurale située dans le Sahel, à l’extrême Nord du Burkina Faso, à environ 360 km de Ouagadougou. Célèbre par la mare qu’elle abrite, un site Ramsar, la commune est confrontée à d’énormes défis : pression pastorale, ensablement du plan d’eau, eutrophisation du plan d’eau, déboisement des berges, braconnage des oiseaux, ramassage des œufs des oiseaux, etc. Cette commune d’environ 16 093 habitants, selon le recensement de la population de 2006, cherche à valoriser la mare éponyme, véritable patrimoine écologique et source de richesse. En plus des actions de sensibilisation et de restauration au plan local, le désir de s’ouvrir au monde a germé. Cependant, les difficultés liées au niveau de développement sont énormes et les obstacles géants : sans électricité permanente – seulement 8 h par jour – elle est aussi limitée en termes de canaux de communication traditionnels – radio, télévision, journaux – et semble isoler du reste du pays.

Le Groupe de Soutien au Site (SSG) de la mare d’Oursi, acteur clé de la société civile locale, a trouvé sa petite idée dans le combat pour la conservation de la biodiversité. Internet et les réseaux sociaux. Voilà quelques-unes de ses armes. Ouvert aux réseaux sociaux par le biais d’une mission de BirdLife Afrique de l’Ouest conduite par François Kamano, il y a de cela presque une année, le SSG Oursi a vite compris qu’il pouvait s’en servir pour rapprocher le monde de leur commune. « Les réseaux sociaux nous permettent de rester en contact avec les amis et les partenaires. Lorsqu’un membre du réseau BirdLife International publie quelque chose (NATURAMA, RSPB, VBN, LPO), nous recevons cela immédiatement et nous pouvons réagir. Aujourd’hui, nous sommes dans un monde virtuel, nous n’aurons pas d’excuse si nous disons que nous sommes déconnectés du monde à cause des ressources limitées de la commune.

Les réseaux sociaux nous permettent aussi de vendre nos compétences à l’extérieur en nouant des contacts avec les partenaires et en échangeant », soutient Aly Issa, membre du SSG Oursi.

 

Les pratiques changent avec les réseaux sociaux

Internet et les réseaux sociaux tels que facebook, imo, messenger, whatsapp, etc., ont changé les pratiques du SSG Oursi. Quelques années déjà, les membres du SSG s’informaient en retard. Ils étaient obligés d’attendre les vieux journaux de plusieurs semaines venant de Ouagadougou ou de Gorom-Gorom pour s’imprégner de faits déjà passés. De plus, ils s’informaient via les courriers envoyés par NATURAMA, BirdLife Burkina Faso. Aly Issa se souvient. Aujourd’hui, tout a changé. Il le reconnaît d’ailleurs : « Maintenant, avec les réseaux sociaux, nous sommes au même niveau d’information que tout le monde – NATURAMA et BirdLife International –. Les réseaux sociaux ont changé beaucoup de choses dans nos pratiques surtout en matière de communication. Nous étions isolé du reste du monde ».

Les réseaux sociaux ont également permis aux SSG de communiquer entre eux. Pour partager des informations personnelles, informer sur les projets ou rencontres au sein de NATURAMA, le SSG Oursi, SSG Sourou et SSG Higa communiquent via les réseaux sociaux. Connectés pratiquement chaque jour, on peut dire que rien ne leur échappe, car les réseaux sociaux ont fait naître en eux la vocation de toujours s’informer. « Les réseaux sociaux ont boosté l’information. En temps voulu, on peut communiquer, on peut partager l’information avec qui on veut. Avec les réseaux sociaux, les tâches ont diminué. Il y a des années de cela, on devait rédiger nos rapports, les mettre dans une enveloppe et les envoyer à NATURAMA dont le siège est à Ouagadougou. Aujourd’hui, on peut envoyer instantanément et directement nos rapports par le biais des réseaux sociaux ou d’internet », raconte tout souriant Oumarou Issa, un autre membre du SSG Oursi.

A entendre le SSG Oursi, si les réseaux sociaux n’existaient pas, il fallait absolument les créer. Facebook notamment les fascine et Aly Issa prend plaisir à le dire : « Facebook est comme notre radio locale, notre télévision et nos journaux parce que c’est le véritable canal médiatique par lequel nous pouvons nous informer et faire des échanges rapides même avec l’extérieur. »

Après avoir goûté aux bienfaits des réseaux sociaux, le SSG Oursi souhaiterait viser plus haut : mettre en place un Département de communication et disposer de ressources matérielles et financières nécessaires pour impulser un nouveau dynamisme dans la conservation de la biodiversité.

 

Seydou NACRO